Comment Ramon est arrivé à la maison

Ramon

 

Dans mon enfance, avec ma petite sœur, nous avons récupéré une petite chatte blanche et noire. Pendant quelques jours, nous l'avons gardé dans le grenier puis dans la chambre. Notre mère n'était pas favorable à l'adoption et la chatte est partie.

 

Quelques mois après, nous avons déménagé à une dizaine de kilomètre. Au début de l'hiver, nous avons retrouvé une petite chatte semblable. Avec ma sœur, nous étions persuadé que la petite chatte nous avait suivi. En réalité, cette dernière était plus réservée. Ma mère a eu pitié et nous l'avons gardé quelques jours, le temps de retrouver ses maîtres. Malgré toutes les annonces passées, personne ne l'a réclamé. Mimine, ou Pupuce selon les heures, a vécu environ 9 ans. Elle était douce et affectueuse seulement à notre égard. Elle se blottissait sous les couvertures ou sous les coussins. Il faillait toujours prendre garde avant de s'asseoir, sous peine de l'écraser. Lorsque nous avions de la visite, elle se cachait. Tous ceux qui tentaient de l'approcher s'exposaient à ses griffes. Pendant les vacances, Mimine restait à la maison et une voisine venait s'occuper d'elle, sans jamais la voire. Ses deux dernières années ont été marquées par une maladie agressive et empirique. Le recours à l'euthanasie a été effroyable et très douloureux. Personne à la maison ne souhaitait reprendre de chat.

 

A la même période, j'ai quitté la maison pour poursuivre mes études. Je n'ai jamais pensé à adopter un chat. A la campagne, ma mère a adopté Lucky, issue d'une portée de la chatte des voisins. Après six ans, j'ai récupéré ce gros matou, qui a son histoire dans un de mes articles.

 

Après trois années, j'avais envie de lui apporter un compagnon, pour l'éveiller et le dynamiser. J'aurais pu choisir un chat dans un refuge, mais je cherchais un compagnon présentant les mêmes caractéristiques physiques et comportementales. Lucky était grand et pesait 8 kg. Il était calme, affectueux, sociable et curieux. Il était tolérant et acceptait les visiteurs, les voyages, la douche, les visites chez le vétérinaire, les chats, les chiens et les enfants. Il différenciait ce qui était autorisé de ce qui était interdit. Sa santé était solide et son entretien facile. Dans des ouvrages spécialisés, j'ai recherché la race la plus compatible, susceptible de vivre en appartement. En fonction de la taille, de l'activité et de la sociabilité, mon choix s'est porté sur le Ragdoll.

 

A l'automne, j'ai débuté mes recherches, pour accueillir le chaton dès le printemps. La démarche a été ardue : peu d'éleveurs en France, des tarifs parfois prohibitif, des réservations sur les 12 à 18 mois à venir… J'ai poussé mes recherches dans les pays limitrophes : en Allemagne, en Hollande et en Belgique. Finalement, j'ai signé un contrat avec un éleveur à côté de Bruxelles. Ramon est né en février et il a occupé toutes mes pensées jusqu'au mois de mai, où je l'ai récupéré.

 

Le jour J, j'ai récupéré un chaton maigrelet, pas très en forme, qui suivait un traitement. De retour, je l'ai fait examiné par mon vétérinaire qui n'était pas très optimiste sur son espérance de vie. Après avoir contacté son confrère Belge, nous avons obtenu un rapport faisant état d'une toxoplasmose sur la portée. Sur les quatre chatons, un était mort après quelques jours et un second avait été euthanasié à quelques semaines. En vertu d'une des clauses du contrat, j'aurais pu restitué Ramon à l'éleveur mais cette idée m'était inconcevable. Il ne s'agissait pas d'un vulgaire objet de consommation mais de MON chat Ramon. Pendant les premières semaines, il a subit un traitement de choc, doublé d'une attention particulière pour le soigner et le nourrir, car il refusait de s'alimenter. Ses symptômes ont finalement disparu vers 8 mois, il a rattrapé son retard de croissance dans la première année et sa santé est depuis tout à fait normale.

 

J'aime profondément Ramon.   



23/11/2007
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